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27/05/2020

Pourquoi il est important d'apprendre d'après Krishnamurti ?

 
  • Si vous apprenez par vous même, ou plutôt si vous apprenez en vous observant, en observant vos préjugés, vos conclusions catégoriques, vos croyances, si vous observez les subtilités de votre pensée, votre vulgarité, votre sensibilité, alors vous devenez, à la fois l'enseignant et l'enseigné.
 
Intérieurement vous ne dépendez de personne, d'aucun livre, d'aucun spécialiste si vous êtes malade et souffrez d'un mal quelconque, vous devez aller voir un spécialiste, ce qui est naturel et nécessaire.
Autrement dépendre de quelqu'un, aussi compétent soit-il, vous empêche d'apprendre sur vous-même et sur ce que vous êtes.
Et il est très important d'apprendre ce que vous êtes car ce que vous êtes crée cette société si corrompue et si immorale avec cette énorme progression de la violence, cette société si agressive où chacun cherche sa propre réussite, sa propre réalisation.
Découvrez ce que vous êtes, sans l'aide de quelqu'un d'autre mais en vous observant, sans vous condamner ou dire : « d'accord je suis cela mais je peux changer » et alors vous continuez.
Quand vous vous observez sans aucune réaction ou résistance, cette observation même agit et comme une flamme, elle consume vos sottises et vos illusions.
 
C'est pourquoi apprendre devient important.
Un cerveau qui cesse d’apprendre devient mécanique.
C’est comme un animal attaché à un piquet : ses mouvements sont conditionnés par la longueur de la corde, par la longe qui est fixée au piquet.
La plupart d’entre nous sont attachés à leur poteau personnel, un poteau et une corde invisibles.
Vous vous promenez toujours dans les limites imposées par cette corde, ce qui est très restreint.
C’est comme un homme qui pense à lui toute la journée, à ses problèmes, ses désirs, ses plaisirs, et à ce qu’il aimerait faire.
Vous connaissez cette façon d’être constamment préoccupé de soi.
C’est très très limité.
Et cette limite même engendre diverses formes de conflits et de malheurs.
 
Les grands poètes, les grands peintres, les grands compositeurs ne sont jamais satisfaits de ce qu’ils ont fait.
Ils ne cessent d’apprendre.
Ce n’est pas parce que vous avez réussi vos examens et que vous avez commencé à travailler qu’il faut cesser d’apprendre.
Apprendre et surtout apprendre sur soi procure une grande force et une grande vitalité.
Apprenez, observez de sorte que rien en vous ne demeure caché et n’échappe à votre regard.
C’est cela être vraiment libéré de son conditionnement.
 
Apprendre libère le cerveau et la pensée du prestige et de la position sociale.
Apprendre introduit l'égalité entre les hommes.
 
 
Krishnamurti
Lettres aux écoles.
18 : 15 novembre 1983, p. 52.
Ed. Le Courrier du Livre.

02/05/2020

Songez à être un homme poreux !

Pour éviter d'être engorgé par la pression sociale, apprenez à devenir un homme poreux :

« On appelle le chamane « l’homme poreux ». Ce qui veut dire qu’il incorpore quand il veut ce qu’il décide d’incorporer. À l’inverse de « l’homme éponge » qui, lui, incorpore tout. Pour peu qu’il ne songe pas à se presser régulièrement, il se retrouve complètement submergé. »

Extrait de: Maja Cardot. « ABC du Chamanisme. »

 

 

"C'est compliqué"

L'extrait d'un ouvrage à lire durant ce confinement, à l'heure ou des dizaines de "spécialistes" expriment leur logorrhée d'incertitudes et de platitudes à longueur de journée sur les chaînes de désinformation !

« L’objectif et les moyens développés ici sont clairs : malmener un certain lexique français, vilipender ce dont il est à la fois le facteur et le stigmate, à savoir l’agonie du bien-dire et de l’échange réel dans une France ahurie et poltronne…»

«  C’est compliqué » est sur toutes les babines. Pour un oui, pour un non, en lieu et place d’un lexique vivant et éloquent.
Morte, la négociation épineuse : « C’est compliqué. »
Morte, la rupture déchirante : « C’est compliqué. »
Mort, le match difficile : « C’est compliqué. »
Morte, la longue procédure : « C’est compliqué. »
Morte, la perturbation météo : « C’est compliqué. »
Mort, le devis détaillé : « C’est compliqué. »
Morte, la situation dangereuse : « C’est compliqué. »
Mort, l’imbroglio juridique : « C’est compliqué. »
Mort, le déménagement lointain : « C’est compliqué. »
Morte, la grève perturbatrice : « C’est compliqué. »
Morte, l’architecture sophistiquée : « C’est compliqué. »
Mort, le menu varié : « C’est compliqué.  »Morte, la tâche ardue : « C’est compliqué. »
Morte, la structure élaborée : « C’est compliqué. »
Morte, l’explication embrouillée : « C’est compliqué. »
… »

 Loïc Madec. « Les Français malades de leurs mots. »

« © 2018, Éditions Favre SA, Lausanne 

21/04/2020

Refus

Velimir Khlebnikov

Poète russe (Tundutovo 1885 – Santalovo 1922).

Un sublime poète russe à connaître

Refus

J'aime bien mieux

Regarder les étoiles

Que signer un arrêt de mort

J'aime bien mieux

Ecouter la voix des fleurs chuchotant

C'est lui

Si par le jardin je passe

Que de voir les fusils tuer

Ceux qui veulent ma mort

Voilà pourquoi jamais

Jamais

Je ne serai celui qui gouverne.

 

Autre texte :

Quand les chevaux meurent ils soufflent,
Quand les herbes meurent elles sèchent,
Quand les soleils meurent ils s’éteignent,
Quand les gens meurent ils chantent des chansons.

 

L'Univers enfoncé

Camarades !
Vous voyez le crâne intelligent de l’univers
Et les tresses noires de la Voie lactée,
Qu’on appelle parfois la route de Batû.
Nous poserons des échelles
Jusqu’au fort des étoiles,
Nous abattrons, comme des guerriers, nos boucliers, nous enfoncerons
Les murs du crâne intelligent de l’univers,
Nous foncerons forcenés comme des fourmis dans la souche pourrie, chantant la mort, à l’assaut des leviers du cerveau,
Et nous forcerons cette poupée divine, aux yeux qui brillent la nuit,
A bouger les bras,
A lever les yeux.
Là où les rouages suintant l’huile
Meuvent le cerveau,
Où les roues, les moues –
Vous me verrez sur le cuir à rasoir
Limant la volonté première –
Prêtre de la casse et du vol,
Brisant les verrous sacrés.
Ciel et scie ! Quelle rencontre,
Quel rendez-vous au bal des mots.
Nous en ferons une poupée !
Nous la forcerons à rouler les yeux
Et même à dire papa-maman.
A l’abordage des grands leviers !
Nous ferons du ciel
Une poupée qui parle.
Enfants de la grande idée
Suivez-moi !

 

 

Krishnamurti : Apprendre à se connaître ; La simplicité et l'humilité ; Le conditionnement.

Apprendre à se connaître ; La simplicité et l'humilité ; Le conditionnement.
  • Si vous pensez qu'il est important de vous connaître parce que quelqu'un vous l'a dit (moi ou un autre), je crains que cela ne mette fin à toute communication entre nous.
  • Mais si nous sommes d'accord sur le fait qu'il est vital que nous nous comprenions nous-mêmes complètement, nous aurons des rapports réciproques tout autres et nous mènerons notre enquête à notre propre sujet, diligemment et d'une façon intelligente.
 
Je ne vous demande pas de croire en moi.
Je ne m'érige pas en autorité.
Je n'ai rien à vous enseigner : pas de nouvelle philosophie, pas de système ou de sentier menant au réel.
Il n'y a pas plus de sentier vers la réalité qu'il n'y en a vers la vérité.
Toute autorité de toute sorte et surtout celle qui s'exerce dans le champ de la pensée et de l'entendement est destructrice, néfaste.
Les maîtres détruisent les disciples et les disciples détruisent les maîtres.
Il vous faut être votre propre maître et votre propre disciple.
Il vous faut mettre en doute tout ce que l'homme a accepté comme étant valable et nécessaire.
 
N'étant plus tributaires de personne vous pouvez vous sentir très seuls.
Éprouvez donc la solitude.
Pourquoi la craignez-vous?
Parce que, face à face avec vous-mêmes tels que vous êtes, vous vous découvrez vides, obtus, stupides, laids, coupables, angoissés?
Si vous êtes cette entité mesquine, de « seconde main », de rebut, affrontez-la, ne la fuyez pas.
Dès qu'on fuit, la peur survient.
 
En menant notre enquête à notre propre sujet, nous sommes loin de nous isoler du reste de l'univers : ce serait malsain.
Tous les hommes à travers le monde se débattent dans les mêmes problèmes quotidiens que les nôtres, donc ce n'est pas en névrosés que nous nous examinons, car il n'y a pas de différence entre ce qui est individuel et ce qui est collectif.
Le fait réel est que j'ai créé ce monde tel que je suis.
Ne nous égarons donc pas dans la bataille au sujet de la partie et du tout.
 
Je dois prendre conscience du champ total de mon moi-même, et ce champ est l'état de conscience à la fois de l'individu et de la société.
Ce n'est qu'alors, lorsque l'on transforme cette conscience
individuelle et collective, que l'on devient une lumière à soi-même, qui ne s'éteint jamais.
 
Or, par où commençons-nous à nous comprendre nous-mêmes?
Me voici, ici présent, et comment dois-je m'étudier, m'observer, voir ce qui est réellement en train de se passer en moi?
Je ne peux m'observer qu'en fonction de mes rapports, parce que toute vie est relations.
Il est inutile de s'asseoir dans un coin et de méditer sur soi-même.
Je ne peux pas exister isolé.
Je n'existe que dans mes rapports avec des personnes, des choses, des idées, et en étudiant mes rapports avec le monde extérieur, de même que ceux que j'entretiens dans mon monde intérieur, c'est par là que je commence à me comprendre.
Toute autre forme de compréhension n'est qu'une abstraction et je ne peux pas m'étudier d'une façon abstraite, n'étant pas une entité abstraite.
Je dois donc m'étudier dans l'actualité de ce que je suis, non en fonction de ce que je souhaiterais être.
 
Comprendre n'est pas un processus intellectuel.
Acquérir des connaissances à mon sujet ou me connaître tel que je suis, sont deux choses différentes, car le savoir que je peux accumuler à mon propos appartient toujours au passé et un esprit surchargé de passé est toujours en peine.
M'informer de ce qui est en moi n'est pas « apprendre » dans le sens où l'on acquiert une langue, une technique, une science, ce qui nécessairement exige de la mémoire et une accumulation de données, car il serait absurde de se mettre en état de devoir tout recommencer sans cesse.
L'information dans mon propre champ psychologique est toujours une chose du présent ; ce sont les connaissances qui appartiennent au passé mais comme la plupart d'entre nous vivent dans le passé et s'en contentent, les connaissances ont pris pour nous une importance extraordinaire : nous vénérons l'érudition, l'habileté, l'astuce.
Mais si nous sommes disposés à apprendre en observant et en écoutant, en voyant et en agissant, nous comprenons alors qu'apprendre est un mouvement perpétuel qui n'a pas de passé.
 
Si vous pensez pouvoir vous connaître graduellement, en améliorant de plus en plus et petit à petit votre compréhension, c'est que vous ne vous examinez pas tel que vous êtes dans l'instant présent mais tel que vous vous voyez à travers des connaissances acquises.
Apprendre exige une grande sensibilité, et celle-ci est détruite chaque fois qu'une idée, qui appartient nécessairement au passé, domine le présent.
L'idée détruit la vivacité de l'esprit, sa souplesse, sa vigilance.
Mais la plupart d'entre nous manquent de sensibilité, même physiquement.
L'excès de nourriture, le peu de compte en lequel on tient un régime sain, l'abus de tabac et d'alcool rendent le corps épais et insensible ; la qualité d'attention de l'organisme est émoussée.
Comment l'esprit peut-il être vif, sensitif, clair, si l'organisme lui-même est alourdi et apathique?
Il peut être sensible à certaines choses qui touchent la personnalité directement, mais pour être complètement sensible à tout ce que la vie implique, il ne faut pas de séparation entre l'organisme et la psyché, car ils constituent un seul mouvement total.
 
Pour comprendre une chose – quelle qu'elle soit – il faut vivre avec elle, l'observer, connaître tout son contenu, sa nature, sa structure, son mouvement.
Avez-vous jamais essayé de vivre avec vous-mêmes?
Dans ce cas, vous avez remarqué que ce vous-même n'est pas un état statique, mais une chose vivante, toujours renouvelée.
Et pour vivre avec une chose vivante, l'esprit doit, lui aussi, être vivant.
Mais il ne peut pas l'être s'il est pris dans un réseau d'opinions, de jugements, de valeurs.
 
En vue d'observer le mouvement de votre esprit et de votre cœur, le mouvement de tout votre être, il vous faut avoir un esprit libre, qui ne s'attarde pas à acquiescer, à réfuter, à prendre parti dans une discussion, à argumenter sur des mots, mais qui s'attache à suivre ce qu'il observe, avec l'intention de comprendre.
C'est difficile, car la plupart d'entre nous ne savent ni regarder ni écouter leur propre être, pas plus qu'ils ne voient la beauté d'un cours d'eau ou qu'ils n'entendent la brise dans les arbres.
 
Condamner ou justifier empêche de voir clairement.
Il en est de même lorsqu'on bavarde sans arrêt, car alors on n'observe pas « ce qui est » : on ne voit que ce que l'on projette soi-même.
Chacun de nous a une image de ce qu'il croit être ou de ce qu'il voudrait être, et cette image nous empêche totalement de voir ce que nous sommes en fait.
 
Voir quoi que ce soit avec simplicité est une des choses les plus difficiles au monde car nous sommes si complexes que nous avons perdu la qualité de ceux qui sont simples en esprit.
Je ne parle pas de cette sorte de simplicité qui s'exprime dans la nourriture et les vêtements, telle que ne posséder qu'un pagne, ou battre des records de jeûne, ou toute autre sottise infantile que cultivent les saints, mais de la simplicité qui permet qu'on regarde directement chaque chose sans peur et soi-même tel que l'on est, sans déformations : si l'on ment, se dire que l'on ment, sans déguisements ni évasions.
 
Et aussi, pour nous comprendre nous-mêmes, il nous faut une grande humilité.
Aussitôt que l'on se dit « je me comprends », on a déjà cessé d'apprendre quoi que ce soit à son propre sujet ; ou si l'on se dit : « après tout, il n'y a rien à apprendre, puisque je ne suis qu'un paquet de souvenirs, d'idées, d'expériences, de traditions », on a également cessé de voir ce que l'on est.
Lorsqu'on parvient à une réalisation, on a perdu les qualités propres à l'innocence et à l'humilité.
Dès que l'on tient un résultat, ou que l'on cherche à s'informer en se basant sur des connaissances acquises, on est perdu, car on ne fait que traduire tout ce qui vit en termes de ce qui n'est plus.
Mais si l'on n'a aucun point d'appui, aucune certitude, on est libre de regarder ; si l'on n'a aucun acquis, on est libre d'acquérir.
Ce qu'on voit étant libre est toujours neuf.
L'homme plein d'assurance est un être humain mort.
 
Mais comment pouvons-nous être libres de regarder et d'apprendre, lorsque, depuis notre naissance jusqu'à l'instant de notre mort, nous sommes façonnés par telle ou telle culture, dans le petit moule de notre moi?
Nous avons été conditionnés pendant des siècles par nos nationalités, nos castes, nos classes, nos traditions, nos religions, nos langues ; par l'éducation, la littérature, l'art ; par des coutumes, des conventions, par des propagandes de toutes sortes, des pressions économiques, des modes d'alimentation, des climats différents ; par nos familles et nos amis ; par nos expériences vécues ; bref, par toutes les influences auxquelles on peut penser, et cela, de telle sorte que nos réactions à tous les problèmes qui se présentent sont conditionnées.
 
« Est-ce que je me rends compte que je suis conditionné? »
C'est la première question à se poser, et non : « Comment puis-je me libérer de mon conditionnement? »
Il se peut que cela ne vous soit pas possible.
Donc vous dire : « je dois me libérer » peut vous faire tomber dans un nouveau piège et dans une nouvelle forme de conditionnement.
Savez-vous que même lorsque vous regardez un arbre en vous disant que c'est un chêne ou un banyan, ce mot, faisant partie des connaissances en botanique, a déjà si bien conditionné votre esprit qu'il s'interpose entre vous et votre vision de l'arbre?
Pour entrer en contact avec l'arbre nous devons y appuyer la main.
Le mot ne nous aidera pas à le toucher.
 
Comment sait-on que l'on est conditionné?
Qu'est-ce qui nous le fait savoir?...
Comment sait-on que l'on a faim, non en théorie, mais lorsque la faim se fait réellement sentir?
De même, comment, quand, savons-nous que nous sommes conditionnés?
N'est-ce pas lorsque nous réagissons à un problème, à une provocation?
Car nous répondons à l'événement selon notre conditionnement, et celui-ci étant inadéquat réagit toujours d'une façon inadéquate.
 
Lorsqu'on en devient conscient, est-ce que ce conditionnement d'une race, d'une religion, d'une culture donne un sens d'emprisonnement?
Considérez une seule forme de conditionnement : votre nationalité.
Soyez-en sérieusement, complètement conscients, et sachez si vous en éprouvez un sentiment de plaisir ou de révolte ; sachez si vous vous révoltez ou si vous voulez rompre à travers tout ce qui vous conditionne.
Si vous êtes satisfaits de votre conditionnement, vous ne faites
évidemment rien à son sujet.
Si cependant vous n'êtes pas satisfaits lorsque vous en devenez conscients, vous vous apercevez que vous n'agissez jamais sans lui : jamais!
Et par conséquent vous vivez toujours dans le passé, avec les morts.
 
On ne peut se rendre compte de la façon dont on est conditionné que lorsque survient un conflit dans une continuité de plaisir ou dans une protection contre la douleur.
Si tout est harmonieux autour de nous, notre femme nous aime, nous l'aimons, nous avons une maison agréable, de bons enfants, beaucoup d'argent : dans ce cas nous ne sommes en aucune façon conscients de notre conditionnement.
Mais lorsque survient l'accident, la femme infidèle, la perte d'une fortune, une menace de guerre ou toute autre cause de douleur et d'angoisse, alors nous savons que nous sommes conditionnés.
Lorsque nous luttons contre une chose, quelle qu'elle soit, qui nous dérange, ou lorsque nous nous défendons contre une quelconque menace, extérieure ou intérieure, alors nous savons que nous sommes conditionnés.
Et comme la plupart d'entre nous, la plupart du temps, sont perturbés, soit en surface soit en profondeur, ce trouble, ce désordre indique que nous sommes conditionnés.
Tant que l'animal est choyé il réagit agréablement, mais dès qu'il rencontre un antagonisme, la violence de sa nature éclate.
 
Nous sommes troublés, mal à l'aise, du fait de la vie elle-même, de la situation politique et économique, de l'horreur, de la brutalité, de la douleur dans le monde aussi bien qu'en nous, et tout cela nous révèle combien étroitement nous sommes conditionnés.
Et alors, que devons-nous faire?
Accepter d'être ainsi, notre vie durant, comme le font la plupart d'entre nous?
Nous y habituer comme on s'habitue à vivre avec des maux de tête?
Nous en accommoder?
 
En chacun de nous est une tendance à s'accommoder des choses, à s'y habituer, à blâmer les circonstances.
« Ah! Si les choses étaient autres, je serais différent », disons-nous.
Ou bien : « Donnez-moi une occasion favorable et je me réaliserai. »
Ou : « L'injustice de tout cela m'écrase. »
Nous ne cessons d'accuser les autres, notre milieu, la situation économique, d'être la cause de tous nos désordres.
 
Si l'on s'habitue à vivre dans un état troublé et confus, c'est qu'on a l'esprit insensibilisé, tout comme ceux qui s'habituent si bien à la beauté qui les entoure qu'ils ne la remarquent plus : ils deviennent indifférents, durs, leur esprit s'épaississant de plus en plus.
Ceux qui ne s'habituent pas à vivre dans cette condition cherchent à s'en évader, soit en se droguant, soit en adhérant à un groupe politique, en s'agitant, en criant, en assistant à des matchs de football, en allant au temple ou a l'église, ou en cherchant d'autres divertissements.
 
Pourquoi fuyons-nous les faits tels qu'ils sont?
Nous craignons la mort – ceci n'est qu'un exemple – et nous inventons toutes sortes de théories, des raisons d'espérer, des croyances, afin de la déguiser.
Mais elle est toujours là.
Pour comprendre un fait, il nous faut le regarder, non le fuir.
La plupart d'entre nous ont aussi peur de vivre qu'ils ont peur de mourir : peur pour leur famille, peur de l'opinion publique, de perdre un emploi ou une sécurité ... peur de mille choses.
La vérité toute simple est cette peur, et non notre crainte d'une chose ou l'autre.
Cela dit, pouvons-nous affronter ce fait lui-même?
On ne peut l'affronter si ce n'est dans le présent.
Si on ne lui permet pas d'être présent, parce qu'on le fuit, on ne peut jamais le rencontrer.
Ayant élaborer tout un réseau d'évasions, nous sommes prisonniers de notre habitude de fuir.
 
Si l'on est tant soit peu sensitif et sérieux, on ne se rend pas seulement compte du fait que l'on est conditionné mais aussi du danger qui en résulte, de la brutalité et de la haine qu'il engendre.
Voyant ce danger, pourquoi n'agissons-nous pas?
Est-ce parce que nous sommes paresseux, la paresse étant un manque d'énergie?
Et pourtant, nous ne manquerions pas d'énergie si nous nous trouvions devant un danger immédiat, tel qu'un serpent sur le chemin, un précipice ou un incendie.
Pourquoi donc ne faisons-nous rien lorsque nous voyons le danger de notre conditionnement?
Si vous perceviez le danger que le nationalisme fait courir à votre sécurité n'agiriez-vous pas?
 
La réponse est que vous ne voyez pas.
Peut-être, par un processus intellectuel d'analyse, voyez-vous que le nationalisme est un phénomène d'auto-destruction.
Mais il n'y a, en cela, aucun contenu émotionnel, lequel, seul, confère de la vitalité.
Si votre vision du danger que représente votre conditionnement n'est qu'un concept intellectuel, vous ne ferez jamais rien pour y parer.
 
Tant que la perception du danger demeure dans le champ des idées, il se produit un conflit entre l'idée et l'action, et ce conflit absorbe votre énergie.
On n'agit que lorsqu'on voit, dans l'immédiat, à la fois le conditionnement et le danger, à la façon dont on se verrait au bord d'un précipice.
Ainsi, « voir » c'est « agir ».
 
En général, nous traversons l'existence d'une façon inattentive, réagissant sans réflexion au milieu qui nous a formés.
De telles réactions ne font que créer de nouvelles sujétions et nous conditionner davantage, mais sitôt que nous accordons à cette emprise une attention totale, nous sommes complètement affranchis du passé : il se détache de nous tout naturellement.
 
Krishnamurti
Se libérer du connu
Apprendre à se connaître ; La simplicité et l'humilité ; Le conditionnement.
Chap. 2, p. 19.
Ed. Le livre de poche.

04/04/2020

Si vous désirez la vérité

Si vous n'avez encore lu aucun ouvrage de Yuval Noah Harari, il est alors peut-être temps de vous y mettre en cette période de confinement.

« Il est extrêmement difficile de déceler la vérité quand vous dirigez le monde. Vous êtes bien trop occupé. La plupart des chefs politiques et des nababs du monde des affaires sont toujours pressés. Or, si vous voulez creuser un sujet, il faut beaucoup de temps et, notamment, avoir le privilège de pouvoir perdre son temps. Il faut pouvoir explorer des sentiers peu productifs, s’enfoncer dans des impasses, faire place aux doutes et à l’ennui, et laisser germer et s’épanouir de petites graines d’intuition. Si vous ne pouvez vous permettre de perdre du temps, jamais vous ne découvrirez la vérité. »

« Si vous désirez réellement la vérité, il vous faut échapper au trou noir du pouvoir et vous autoriser à perdre beaucoup de temps à errer de-ci, de-là à la périphérie. La connaissance révolutionnaire surgit rarement au centre, parce que le centre est construit sur le savoir existant. »

« Le monde contemporain est trop compliqué – non seulement pour notre sens de la justice, mais aussi pour nos capacités managériales. Personne – y compris les multimilliardaires, la CIA, les francs-maçons et les Sages de Sion – ne comprend vraiment ce qui se passe dans le monde. Personne n’est donc capable de tirer les ficelles efficacement »« Quand un millier de gens croient une histoire inventée un mois durant, ce sont des fake news. Quand un milliard de gens y croient un millénaire, c’est une religion, et on nous somme de ne pas parler de fake news pour ne pas froisser les fidèles (ou encourir leur courroux).  »

« Si vous rêvez d’une société où la vérité soit souveraine et où les mythes soient ignorés, il n’y a pas grand-chose à attendre d’Homo sapiens. Mieux vaut tenter votre chance avec les chimpanzés. »

Extrait de: Yuval Noah Harari. « 21 Leçons pour le XXIème siècle. »

23/03/2020

La cohérence cardiaque pour atténuer stress et angoisses

Pour atténuer stress et angoisses,

pratiquez la cohérence cardiaque.

 

3 x par jour

6 respirations par min. pendant 5 min

5 sec inspirez par le nez en contractant le ventre
5 sec expirez par la bouche

De préférence en regardant une image apaisante.

 

18/03/2020

Le secret de Khrisnamurti

Au cours d'une allocution qu'il donna vers la fin de sa vie, Krishsnamurti, surprit son audience en demandant :


« Voulez-vous connaître mon secret ? »
Tous les gens présents dressèrent l'oreille.
Certaines personnes venaient l'écouter depuis 20 ou 30 ans et n'arrivaient toujours pas à saisir l’essence de ses enseignements.
Enfin, après toutes ces années, le maître daignait leur donner la clé de la compréhension !

« Mon secret, dit-il, c’est que je ne me préoccupe pas de ce qui arrive. » …

La plus grande partie de son audience fut encore plus perplexe qu’auparavant.
 
Cependant, les implications de cette affirmation toute simple vont loin.
Quand je ne me préoccupe pas de ce qui arrive, qu’est-ce que cela veut dire ?
Cela veut dire que, intérieurement, je suis en harmonie avec ce qui arrive.
« Ce qui arrive », bien entendu, renvoie à la qualité de ce moment, qui est toujours déjà tel qui l’est.
Cette expression renvoie au contenu, à la forme que ce moment – l’unique moment à exister – prend.
Etre en harmonie avec « ce qui est », c’est être en lien sans résistance intérieure avec ce qui se produit.
Cela veut dire laisser l’événement être ce qu’il est sans l’étiqueter mentalement comme étant bon ou mauvais.
 
Cela veut-il dire que vous ne pouvez plus passer à l’action pour amener les changements à votre vie ?
Au contraire !
Quand vos actes sont fondamentalement et intérieurement liés au moment présent, ils sont sustentés par l’intelligence de la vie.
 
 
E.Tolle
A propos de Krishnamurti
Nouvelle Terre
Chap.7, p. 168.
Ed. Ariane.
 

17/03/2020

L'ennui selon Krishnamurti

KRISHNAMURTI :
 
Si vous n'avez rien à faire, si vous êtes plongé dans un morne ennui, pourquoi ne pas vous ennuyer ? Pourquoi ne pas être cela ? Si vous êtes dans cet état, soyez cet état. N'essayez pas d'en sortir, parce que votre apathie a une importance et une signification immenses, si vous la comprenez, si vous la vivez. Mais si vous dites : « je m'ennuie, donc je vais m'occuper à quelque chose » vous ne faites qu'essayer de fuir votre ennui et comme la plupart des occupations sont des évasions, vous êtes socialement plus nuisible ainsi qu'autrement. Le désordre est bien plus grand lorsque vous vous évadez de vous-même que lorsque vous êtes ce que vous êtes et le demeurez. La difficulté est de le demeurer, non de s'enfuir ; et comme la plupart de nos actes sont des fuites, il vous est extrêmement difficile de vous arrêter et de faire face à votre situation. Tant mieux donc, si vous vous ennuyez au maximum.
 
Source : « La première et dernière liberté »
 

15/03/2020

Sri Nisargadatta Maharaj

Pour faire connaissance

avec le témoignage de l'un des plus grands sages de notre temps

 

http://maharajnisargadatta.blogspot.fr/

 

Quand je vois que je ne suis rien, c'est la sagesse. 
Quand je vois que je suis tout, c'est l'amour.
Et entre les deux ma vie s'écoule...
 
«Limitez vos intérêts et activités à ce qui est nécessaire concernant les plus élémentaires besoins pour vous et vos dépendants. Économisez vos énergies et votre temps pour briser le mur que votre mental a érigé autour de vous. Croyez-moi, vous ne le regretterez pas.»