20/05/2026
Question d'orientation
Sur une chaîne d’information continue, le journaliste posa la question rituelle :
— Vous êtes de droite ou de gauche ?
L’invité répondit calmement :
— Je suis devant.
Le journaliste sourit, croyant à une esquive élégante.
Il répéta :
— Non, mais politiquement : droite ou gauche ?
L’homme répondit de nouveau :
— Devant.
Un léger flottement traversa le plateau.
Pendant quelques secondes, personne ne sut vraiment quoi faire de cette réponse.
Car elle détruisait la mécanique habituelle.
Le débat moderne adore les lignes horizontales :
droite, gauche, centre, extrêmes, blocs, camps.
Beaucoup moins les questions verticales :
avance-t-on ?
comprend-on le monde qui arrive ?
fabrique-t-on encore quelque chose ?
simplifie-t-on réellement ?
ou remplit-on seulement des tableaux sur “l’innovation agile” dans des PDF imprimés ?
Alors chacun continua à parler orientation.
Pendant ce temps, d’autres avançaient.
09:07 Publié dans Chronique, Impertinences | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : clivage, droite, gauche, impertinence
13/06/2025
Je ne suis pas un anar de droite !
On m’a dit : « Toi, t’es un anar de droite. »
C’était censé être un compliment.
Une manière amicale de dire : « Tu penses par toi-même, tu refuses les foules, tu sens l’époque te glisser dessus sans t’y dissoudre. »
Mais non.
Je ne suis pas un anar de droite.
Ni de gauche.
Ni du centre, ni des bords.
Je suis simplement quelqu’un qui pense hors de vos catégories.
Pas parce que je me veux original.
Mais parce que j’ai essayé — sincèrement — d’y entrer. Et que j’en suis toujours ressorti plus seul, plus libre, plus lucide.
J'écoute Brassens. Je lis Céline et Bernanos. Je peux écouter Sardou, parfois.
Mais je ne leur dois pas ma pensée. Je ne suis pas une suite logique dans leur filiation.
Je suis de cette race un peu à part des hommes non récupérables.
Ceux qu’on n’embrigade pas.
Ceux qu’on ne flatte pas avec un clin d’œil idéologique.
Ceux qui, quand ils disent "je", ne parlent qu’en leur nom, sans drapeau, sans drame.
Ce n’est pas un rejet.
C’est une manière d’habiter le monde sans se laisser nommer.
16:58 Publié dans Missions, poésies | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : anar, droite, inclassable, libre

