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11/01/2026

Bouche à bouche anti-philosophique

podcast

Néons crachent.
Poumons de béton.
Circuit court. Système mort.

Doigts bleus sur écran crasseux,
Cyberprolo, corps en réseau.
La Loire dort sous la brume,
Les forêts chuchotent, noms qui s’allument.
Christ à la casse,
Martel vomi l’histoire,
Je regarde en silence,
j’attends pas la gloire.
Colonies sur la Lune, marmites HLM,
Français disparaissent,
sourire de rien.

Purulence des mots,
bouche-à-bouche anti-philosophique,
Civilisation vomie, paillettes s’éclatent, frénétique.
Purulence des mots,
bouche-à-bouche anti-philosophique,
Je crache le monde, il se noie dans le numérique.

Michaux rit derrière les murs,
Artaud hurle, cendres en fissures.
Ayahuasca coule, esprit sur perfusion,
Je marche sur le fil, monde en dissolution.
Colonies Lune, codes qui explosent,
HLM, marmites, rien ne se propose.
Français s’activent, encore un effort,
Disparaître complet, fin de l’effort.

Néons dans le ciel,
Vapeurs acides, souffle en éveil.
Poumons de béton, circuits brûlants,
Silence mort, rien de palpitant.

Purulence des mots,
bouche-à-bouche anti-philosophique,
Civilisation vomie, paillettes s’éclatent, frénétique.
Purulence des mots,
bouche-à-bouche anti-philosophique,
Je crache le monde, il se noie dans le numérique.

Néons.
Vapeurs.
Poumons.
Silence.

12:09 Publié dans Impertinences, Survie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rap

Ni toujours ni partout dans la nuit

Tu ne vis pas une époque comme les autres…


Non.
 Tu vis le moment où l’humain hésite


entre rester vivant 
ou devenir compatible. 

 


Ils disent : « c’est comme ça »
Ils disent : « on n’y peut rien »


Ils disent : « j’préfère pas savoir »
Moi, j’ai serré les dents.


J’ai avalé la colère.


J’ai continué à chercher
là où eux cherchaient l’oubli.

La liberté n’est plus un droit,
 c’est un bug dans la matrice,


une anomalie qu’on corrige, 
une erreur qu’on met à jour.

Chaque jour où je refuse la mise à jour 
je prouve que j’existe encore.

 


Je ne hurle pas.
 Je ne manifeste pas. 
Je ne signe pas.
 Je ne consens pas.
Je ne hurle pas. 
Je ne manifeste pas.
J e ne signe pas.
 Je ne consens pas.  

 

Tous les mouvements visibles 
ont été capturés,


labellisés, 
vendus en slogan, 
recyclés en esthétique.

La révolte est devenue un produit dérivé.


La colère, un filtre.


La résistance, un logo.

Les vrais résistants ?


Tu les vois pas.


Tu les entends pas.

.Et c’est peut-être pour ça 
qu’ils sont encore debout.


Alors tu fais quoi maintenant ?


Pas grand-chose.


Mais c’est dans le rien
 que naît le vrai.


Je refuse les automatismes.


Je garde des pensées non partagées.


J’éteins mon téléphone 
pas pour me reposer


mais pour écouter
ce qu’il m’empêche d’entendre.

Le silence n’est pas vide.
Le silence respire.


C’est là que la liberté
se cache encore.

 

Je ne hurle pas.
 Je ne consens pas.
 Pas à tout.
Pas toujours.
Je ne hurle pas.
 Je ne consens pas.
 Juste assez
pour créer une dissonance. 

 

Toi, l’insoumis lucide, 
t’as pas besoin de crier.
Le système digère tout… 
sauf ceux
qui cessent
de participer.

17/10/2025

De la lucidité comme premier acte de survie en France

De la lucidité comme premier acte de survie en France

Revenir en France, c’est comme remonter sur un navire que l’on croyait solide, pour le découvrir à la dérive. Les circulaires administratives se multiplient, les logiciels se déploient par vagues, et la langue de bois masque un chaos persistant. L’illusion d’ordre côtoie l’inertie réelle.

Dans ce paysage, la lucidité devient le premier acte de survie. Observer sans se perdre, discerner l’urgent de l’essentiel, reconnaître les foyers où l’action a encore du sens… C’est apprendre à nager autrement, à guider quelques passagers autour de soi, même si la mer est agitée et le navire en déclin.

On ne peut pas tout sauver. On peut seulement préserver ce qui a de la valeur, transmettre ce qui résiste et rester vivant dans son esprit, pour soi et pour ceux qui viendront après nous. La lucidité, dans un monde en décomposition, n’est pas pessimisme : c’est une arme, un phare, un acte de résistance silencieuse.

Comme dirait Jacques Attali, il ne faut être ni pessimiste, ni optimiste, mais simplement agir.

Erkin Jon – Homme libre

 

ZEBRUS EXPRESS : la bête est dans le bus !

Chronique pour un été ordinaire - le prochain été bien sûr !

À partir du 2 juillet, et jusqu’au 27 août 2026 (sous réserve de canicule, effondrement social ou attaque de cigognes migratoires), une navette quotidienne reliera la gare de XXX au très renommé parc zoologique ZEBRUS, joyau bétonné de l’imaginaire animalier local.

Plusieurs arrêts dits "stratégiques" (si, si) jalonneront le parcours :

  • Place des Grands Hommes (dont aucun ne prend le bus)

  • Office de Tourisme (fermé entre midi et 14h30)

  • La Cathédrale (photo obligatoire pour prouver qu’on a "fait" la ville)

  • L’EHPAD (point de départ ou d’arrivée selon l’espérance de vie)

Tarif unique : 2,25 €.
Soit 0,012 € le rugissement entendu, ou 0,35 € la girafe entre deux panneaux publicitaires.

Horaires optimisés pour :

  • Les familles en sandales qui cherchent du frais et du vivant

  • Les Allemands sans voiture mais avec casquette

  • Les petits-enfants des GI qui cherchent leurs racines entre deux cornets de glace

  • Et les retraités de plus de 82 ans (offre valable jusqu'à épuisement des sièges ou des participants)

  • On se prépare !

 

04/10/2025

Le blason d'Erkin Jon

L'emblème d'Erkin Jon, pseudonyme qui signifie "homme libre". Nom d'écriture qui me vient de loin et avec lequel je signe mes chroniques.

Voici mon emblème narratif, stylisé comme une estampe ou un blason poétique : La grue migratrice, messagère céleste, survole un cavalier des steppes, vêtu d’un manteau de feutre et coiffé d’un kalpak, avançant sur un cheval trapu à travers les plaines dorées. Tous deux vont dans le même sens, portés par le souffle de la liberté.

Blason d'Erkin Jon.png

Je publie une chronique "du coup" ?

« Du coup, ça ne nourrit pas »


Il est des tics de langage qui font saliver les sociolinguistes.
 Le « du coup » contemporain, par exemple. Jadis austère connecteur de conséquence, il s’est mué en condiment universel de la conversation. On le saupoudre en entrée, on le ressert au milieu, on le laisse traîner au dessert.


— « J’ai pas dormi de la nuit, du coup je suis crevé. »


— « On fait une soirée ? Du coup, j’achète quoi ? »


— « Je t’écoute, du coup… »


Le « du coup » ne dit plus la conséquence, il dit la convivialité. Il remplit, relance, cimente. Comme le ketchup dans certains fast-foods, il colle plus qu’il n’assaisonne.


Mais à force de l’entendre à toutes les sauces, l’oreille fatigue. Les puristes froncent les sourcils, les pédagogues s’arrachent les cheveux, les chercheurs se frottent les mains : voilà un sujet en or pour un mémoire de sociolinguistique.


Car le « du coup » ne nourrit pas la logique… mais il nourrit les conversations.

Et les mémoires des étudiants. Et les bibliothèques universitaires.


Pas les estomacs.


Alors, du coup, il est temps d’aller faire les courses.

 

Erkin Jon - L'homme libre 

 

13/07/2025

Marché nocturne

Ah, voilà un mystère de la géographie estivale française qu’il fallait enfin oser affronter :


le stand de katanas en plein marché nocturne de bord de mer.

Oui, entre la planche à découper pyrogravée, les savons à la lavande, et le vendeur de sacs tibétains made in Taïwan, se dresse imperturbable le maître d’armes en polo Ralph Lauren contrefait, vendant ses sabres de samouraï, exposés sous néon, à côté de quelques nunchakus en mousse pour enfants — parce qu'on est là aussi pour transmettre.

Et tu te demandes, épongeant ton front moite avec un flyer de pizzéria :
"Mais QUI achète un katana à Fouras ?"

Eh bien, probablement un homme en claquettes-chaussettes, qui se sent pousser une âme de ronin charentais, et qui, après deux mojitos trop sucrés au bar de la plage, s’imagine prêt à trancher l’air salin au nom du bushidō du PMU.

C’est ça, la France de juillet-août :
– On ne lit pas Mishima, mais on achète la lame.
– On ne comprend pas bien les règles du Go, mais on repart avec un shuriken "pour les gamins".
– Et on se dit que peut-être, entre deux merguez, on méditera sous la pleine lune en découpant du melon au sabre de Tōkyō.

Parce que dans le fond, le katana de marché nocturne, c’est l’ultime fantasme du vacancier de province :
Un peu d’exotisme, un peu de violence contenue, et surtout une excuse pour dire "regarde, j’ai payé ça 30 euros, c’est un vrai, y a le certificat !"

Et le pire…
C’est qu’on l’imagine, ce type, revenu chez lui à Poitiers, le katana exposé au mur du salon, entre la photo du chien décédé et un masque africain acheté à Sète.
Il le regarde parfois, le soir, après le cassoulet, et il murmure, ému :


"Un jour, s’il le faut, je me lèverai."

"Recherche restaurant désespérément"

"Recherche restaurant désespérément"

Un soir comme tant d’autres.
L’envie soudaine de sortir.
Un petit resto sympa, sans prétention, pas trop cher, pas trop loin, pas trop gras, pas trop bondé, pas trop m’as-tu-vu.
Bref : une chimère moderne.

Je tape dans Google : "restaurant sympa ce soir dans les environs".
Je reçois 137 propositions.
La carte de France s’allume comme une guirlande de Noël sous Xanax.

D'abord, le resto français, avec nappe à carreaux et bidoche baignant dans la sauce.
Le genre d’endroit où le cuisinier confond fond brun et mazout,
et où le serveur t’explique que le magret, s’il est dur comme une semelle, c’est "parce qu’il est élevé en plein air, Monsieur."

Ensuite, le restaurant à fondue, planté fièrement à 200 mètres de la Loire.
Parce que rien ne dit "authenticité alpine" comme un caquelon au bord d’un fleuve vaseux. Le fromage industriel y bouillonne dans une ambiance de spa à raclette.
Tu ressors parfumé à l'emmental fondu jusqu’au slip.

Puis, bien sûr, le gastronomique.
Ambiance feutrée, menu en cinq syllabes, et tarif en cinq chiffres.
Le pain est tiède, la serveuse te tutoie à 120 balles le menu "Instant Végétal", et la purée de betterave te regarde dans l’assiette comme une œuvre conceptuelle.
Tu manges l’équivalent calorique d’un Tic Tac, et tu ressors avec la dalle d’un docker.

Plus loin, le faux chinois :
glutamate, nouilles surgelées, déco en bambou de chez Gifi.
Le cuisinier s'appelle Bernard et vient de Vierzon.
Mais l’enseigne s’obstine à t’annoncer "Délices d’Orient", en rouge fluo, avec un dragon pixelisé.

L’indien, lui, est aussi fade qu’un discours de Miss France.
Du poulet Tikka sans âme, du riz au safran sans safran, et un lassi tiède qui sent la salle d’attente.
C’est Gandhi, version micro-ondes.

Reste les grands temples de la cuisine asiatique, plantés en zone industrielle,
dans des ZAC, des ZAE, des ZIC, des ZEP… et probablement des ZOB, vu la gueule du parking.
Des cathédrales du buffet libre, 500 places assises,
des sushis qui brillent dans le noir, des nems à la sauce algérienne,
et un wokman qui fait plus de bruit que le métro de Shibuya.
Tu payes au poids, tu dînes au pas de course.
Le nirvana du mange-vite-et-oublie.

Et puis les autres :
Kebab, Baoab, Toubab,
bistrot vegan qui vend des graines à 19€,
food court bio tenu par des hipsters qui prononcent "houmous" avec une majuscule.

Alors je ferme mon ordi.
Je regarde mon frigo.
Je souris.
Je me fais des pâtes au chorizo.

Pas de supplément sauce, pas de supplément bruit,
pas de parking à trouver, pas de sommelier qui me dit "ce petit vin naturel est une aventure" comme si j’allais faire un trek dans les Cévennes.
Non.
Juste moi, mes pâtes,
et le chorizo — piquant, fidèle, discret.
Le vrai luxe.

21/06/2025

Celui qui ne rentre nul part

Il existe des êtres qu’on identifie vite.
Ils sont “de gauche”, “de droite”, “modérés”, “engagés”, “progressistes”, “réacs”, “écolos”, “éveillés”, “conservateurs”.
On les range, on les catalogue, on sait comment leur parler.
Ils font masse.

Et puis il y a ceux qu’on ne classe pas.
Qui lisent entre les lignes, mais ne crient pas.
Qui n’adhèrent pas, mais écoutent.
Qui refusent le slogan, mais avancent.
Qui voient les failles sans se réjouir, les dogmes sans se soumettre, les dérives sans en faire spectacle.

Ceux-là sont les plus dangereux.
Parce qu’ils ne rentrent nulle part.
Parce qu’ils ne jouent aucun rôle.
Parce qu’ils ne cherchent ni sauveur, ni cause, ni groupe d’appartenance.

Je suis, peut-être, de ceux-là.
Pas par choix, mais par nature.
On m’a appris à réfléchir — et j’ai gardé ce défaut.
J’ai vu ce que coûtait l’intelligence dans un monde qui préfère l’adhésion.

Face aux micros, je dévie.
Dans les foules, je traverse.
Devant les cases à cocher, je réfléchis longuement.
Pas par paresse. Par vigilance.

Le pouvoir, quel qu’il soit, n’aime pas ceux qui pensent sans appartenir.
Il préfère les indignés bien orientés, les rebelles sous licence, les consciences groupées.
Moi, je me tiens ailleurs.

Ce n’est pas du courage.
C’est une fidélité.
À quelque chose d’antérieur à tous les récits.
À un regard qu’on ne vend pas.
Et à une solitude qu’on habite comme une haute ligne, là où l’air est plus rare, mais plus vrai.

En juin 2025, quelque part dans ce vaste monde

Erkin Jon - Homme libre

 

 

Une idée bien peignée

L’élégance du récit collectif

Il suffit parfois d’une idée — bien façonnée, bien partagée, bien répétée — pour que tout un monde s’incline.

Elle ne demande pas à être vraie.
Il lui suffit d’être dite avec assez d’assurance, portée avec douceur par ceux qui la portent.
La conviction fait le reste.

On sait que lorsqu’une idée est répétée avec assez d’assurance et d’attention, elle finit par s’imposer comme une vérité, peu importe qu’elle soit fondée ou non. Le simple fait d’y croire intensément peut lui donner une existence propre. 

J’ai vu ces réalités naître : dans les conversations, les médias, les rassemblements, les foyers.
Elles avaient le ton de la raison, le sourire du bon sens, la politesse de l’évidence.
Il fallait les accueillir — ou du moins faire semblant.

On nous apprend très tôt :
applaudir ce qu’il faut, aimer les groupes, les rythmes, les chants, les émotions partagées.
S’étonner d’aimer autrement, c’était déjà s’exclure.

Alors, on apprend à marcher droit.
À se faire discret avec élégance.
À penser un peu à côté, mais en silence.

Plus tard, on retrouve ces mécanismes ailleurs :
dans le sérieux convenu des discours, dans les mots creux brandis comme talismans :
inclusion, progrès, urgence, ensemble.
On change le décor, mais la mise en scène persiste.

J’écris cela sans colère.
J’ai simplement cessé de croire que le groupe pense mieux que l’individu, ou que la répétition crée la vérité.

Ce n’est pas un programme, ni un manifeste.
Juste une posture : celle de l’observateur.
Pas sur une barricade — mais sur une ligne de crête.
Entre silence et parole. Entre solitude et lien.
Un lieu fragile, mais clair.

Quelque part à l’Est, ou ailleurs

Erkin Jon — Homme libre

 

23:04 Publié dans Impertinences | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : guetteur, idée